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L'histoire, d'une vie

Bonjour à vous, aujourd'hui ma vie tourne en rond.
Et j'ai besoin de parler.

Alors quelques Trigger Warning avant votre lecture.

TW : Viol, Suicide, Misère sociale, TCA, Enfance meurtrière, Drogues, Démon, Problèmes psy, Dépression, Homophobie, Violence. Et beaucoup trop d'autres choses, désolée.

Mon histoire

Je m'appelle Ronce, je suis née homme. Mais cela n'est pas tant que ça un problème jusqu'à tard dans ma jeune vie.

Je n'ai que très peu de souvenirs de mon enfance, je sais que j'ai eu une petite soeur à 6 ans.
Je sais aussi que mon père me frappait, et me rabaissait souvent... Pour lui je ne suis qu'une moins que rien.
Ma mère a été longtemps là pour moi. Jusqu'à ce que nos mondes se séparent.
faisait longtemps que je savais que j'avais un truc qui clochait.
Un ordinateur et me voilà aux anges... Je peux enfin comprendre le monde sans devoir poser mille et unes questions aux adultes.
J'ai commencé à apprendre, Wikipédia, des blogs, mes premiers tweets, tout est arrivé très vite.

J'ai compris une chose simple et trop vite.
Je suis trop sensible, sûrement trop intelligente, pour vivre dans un vrai monde. Votre vrai monde.
Je me suis sentie pendant longtemps en vie uniquement devant un pc avec un clavier entre les mains.
À pouvoir être connectée avec tout le monde et en même temps.

J'ai eu une adolescence extrêmement dure, peu de relations sociales, et une libido sans cesse en hausse...
J'ai découvert jeune le porno et la masturbation. Mais j'ai aussi trop vite découvert ce besoin d'être aimée.
Et depuis cela a été une trop longue recherche, comment faire pour être aimée par iel ?
J'ai toujours plus ou moins su, je vous aime. Vous humains, qu'importe votre genre, couleur de peau ou autre construction sociale.

Mais voilà, j'ai 15 ans, je suis dans un collège en alternance.
Et je ne comprends pas encore que pour vivre heureux il faut vivre cachée. Alors je parle ouvertement de ma bisexualité.
Et là viennent les insultes, les propos homophobes. Je me fais frapper, cracher dessus par d'autres personnes.
J'ai appelé à l'aide très souvent. À mes professeurs, à ma propre mère.

Personne ne m'a entendu. J'ai 16 ans. ça fait 7 ans que je fais des tentatives de suicide dans ma chambre seule.
J'essaye de me pendre, de me jeter sous des voitures, des trains, je me suis coupé.
Mais voilà, j'ai envie de vivre. Mais ce monde-là me force à mourir. Tout devient invivable.
Mais que faire ?

Me voilà en 3ème à 16-17 ans, j'ai ma première vraie relation, ma première fois aussi.
Je me sens aimée, et dieu que je me sens vivre. Je surmonte tout ce qui se passe au collège.
Mais ça reste dur, je fais de mon mieux.

Mais voilà l'été passe, ma mère reçoit un coup de fil.
Elle m'annonce que ma place au lycée n'a pas été réservée. Elle me hurle dessus, me dit que c'est de ma faute.
Je négocie, discute, appelle moi-même le lycée. J'apprends que ma mère n'avait pas envoyé les papiers nécessaires.
Je m'engueule fort avec elle, lui dit que je ne prendrais pas la place qu'elle m'a pris de force au lycée.

Je pars de chez moi en pleurs et pleine de haine. Je rejoins ma chérie. Je passe trois semaines chez elle. Au calme.
Puis voilà ma mère vient me chercher. Pendant quelques semaines je n'ai plus eu de message de ma copine.

Puis un seul message "Je te quitte, tu peux venir chercher tes affaires dans le week-end."
La fin, voilà ce que je pensais.
Mais ce n'était que le début. La rentrée se passe, ma mère m'ignore, et quand elle ne le fait pas elle me hurle dessus.
Je suis incapable, je ne m'en sortirais jamais à rester devant mon écran toute la journée.
Je lui explique, je lui montre. Je fais de la programmation, j'ai passé le test à 42 haut la main, mais je n'ai pas l'âge de rentrer là-dedans.

Je lui demande une seule année. Une année pour devenir encore meilleure, ne laisser aucune chance à 42 de me battre avec sa piscine.

Mais voilà rien ne se passe comme prévu, elle ne refuse pas. Mais elle ne me parle plus, ne m'appelle presque plus pour manger.
Mes 18 ans se passent dans la douleur et l'abandon, je me sens seule et isolée...
Mais voilà quelques semaines après, la voilà dans ma chambre en furie.
Elle me dit de faire mes affaires, qu'elle ne veut plus me voir. Elle me met à la rue.

Je me débats, elle est violente avec moi, et moi-même je suis armée d'un cuter.
Me voilà à 18 ans seule et à la rue, un samedi matin froid. J'appelle mon assistante social, elle a un foyer mais pas avant lundi.
Je pleure, hurle à la mort, appelle mon oncle qui me prend un hôtel à l'autre bout de la ville.
Je passe le week-end, sans argent, sans manger. Sans envie de vivre.

Je passe deux mois dans ce foyer. Perdue, seule, je sors, rencontre des gens. Me mets à fumer.
Puis je commence la drogue douce. De là j'ai commencé la descente aux enfers.
J'ai navigué d'ami-e en ami-e... J'ai volé, menti, vendu de la drogue, et consommé beaucoup toutes sortes de drogues. Mais je ne suis pas toujours chez des ami-e... Je passe du temps à la rue...

Et un jour, je ne m'en souviens que trop bien, on était en plein hiver et je mourrais de froid.
Je me suis retrouvée en foyer... Mais un jour tout est devenu encore plus invivable.

Je rentre dans cette chambre que je partage avec un gentil vieux monsieur.
Mais quand j'ouvre la porte il n'est plus la... Il y a un jeune homme.
Un autre un peu plus vieux derrière la porte, il me prend par derrière, me colle un foulard au visage.

De là, que des flashs, je me fais baiser, violenter. Il fait attention de pas toucher à mon visage.

Je me réveille, dans le lit seule, nue et le cul plein de sperme.
J'ai peur, j'ai reçu pas mal de coups dans le corps. J'ai mal.
Je sors de cet enfer, et n'en remets plus jamais les pieds.

Mais voilà je ne m'en sors pas, je fais des aller-retours entre chez les potes, ma mère et même mon père...
Un jour sous la pression de ma mère contre moi, j'appelle le refuge, je prends rendez-vous et parle de mon viol.
J'avais déjà écrit mon viol et publié sur mon Twitter...

Mais ça suffit pas, ça me colle à la peau, je suis au refuge, j'essaie d'avancer. Mais j'ai cette peur au ventre.
Je me sens si seule... je meurs à petit feu voilà tout. Seule, isolée. Le refuge essaye de m'aider mais m'envoie que très tard voir une psy.
Ils ne me comprennent pas, n'acceptent pas que je ne fonctionne pas comme les autres...

Et voilà, c'est fini. Ça fait 9 mois que je suis au refuge et repars chez ma mère.
Ça se passe encore super mal, un week-end je monte sur Paris voir des amies... J'y reste quelques jours... Puis tout dérape quand je rentre, ma mère me dit d'aller me faire voir.

Je me suis jetée sous une voiture, du moins j'ai essayé. Elle m'a percutée violemment. Mais elle ne m'a pas tuée.
J'ai appelé ma grande soeur de coeur. Elle m'a aidé au téléphone, pour aller aux urgences psy de ma ville.

Me voilà, j'ai 20 ans et je suis en hôpital psy, je rencontre des gens biens, je me reconstruis petit à petit.
Mais voilà, je suis SDF, et après plus d'un mois passé dans cet institut ouvert, on m'envoie dans une plus petite clinique.
Celle-ci est fermée avec des cas plus graves, des gens hurlent dans la nuit, je ne me sens plus bien, ma dysphorie que je cachais sur internet depuis des années revient de plus en plus forte.
Elle m'étouffe, je deviens folle, je pars quelques jours chez une amie rencontrée dans l'autre clinique, puis pars à Toulouse chez @retidurc un ami en or.

J'essaye de me reconstruire là-bas, de m'accepter en tant que femme trans... Mais voilà, c'est dur, j'affronte beaucoup de démons mais n'avance pas.
Cela faisait déjà plusieurs mois qu'on parlait de mon départ avec reti... Je venais de rencontrer un couple de gens safe et pipou. Je suis partie chez eux pendant un mois... Mais c'était trop petit et on se sentait pas tous super bien... Je suis rentrée à Bordeaux.

Sans solutions. J'ai frappé a la porte de ma mère... Elle ne m'a pas acceptée... Mon beau-père m'a passé les clés de chez mon grand-père...
Là-bas j'ai essayé de me suicider plusieurs fois. J'y étais presque. J'ai passé 4 jours a l'hôpital pour un problème au rein et à l'estomac suite à une tentative de suicide aux médicaments. Quand je suis sortie de l'hôpital, je suis repartie chez mon grand-père.

Mais à bout de subir les pressions de ma mère, les insultes, et le fait qu'elle n'accepte pas.
J'essaye de me pendre plusieurs fois, avant je le dis à internet.
On m'appelle, on essaye de me raisonner.

Puis, creamy m'a proposé de vivre chez elle. (@soniop)
Elle m'a sauvée, c'était fini, je n'en pouvais plus de tout ça.
J'ai vécu trop de choses horribles.

Me voilà, je vous parle de chez elle, j'ai commencé la progestérone et le 28 les hormones.
J'ai encore de gros problèmes d'argent, j'ai trop souvent peur de sortir seule.
J'ai mal, je me sens seule, j'ai encore envie de mourir mais j'essaye de lutter.

Et y a des gens qui sont là pour, même si vous n'êtes que sur internet.
Alors je respire et j'essaye de vivre.

Conclusion

Me voilà mal, pas encore reconstruite mais je lutte le plus possible.
Je vais sûrement commencer une garantie jeune dans plus d'un mois.
J'ai des problèmes d'argent et un paypal à remplir, si vous le voulez : www.paypal.me/lezarius
Je me sens beaucoup trop seule, et si tu crush sur moi mes DM te sont ouverts.

Mais voilà, après tout, c'est ma vie et je n'ai pas le choix que de la vivre.
Mais merci, merci de me lire, de me soutenir.
Vous pouvez partager ce post, venir me dm ou juste m'ignorer.

Mais j'en avais besoin, ça m'a fait mal d'écrire tout cela.
Mais j'ai l'impression d'avoir perdu un peu de ma haine contre ma vie, contre moi.

Encore merci d'avoir lu. Et merci aux correcteurs <3

C'était Ronce <3

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